Nomadium

Lundi 18 Mai 2009
Proposé par la rédaction

Espace public de travail installé à l’intérieur d’une entreprise.



Nomadium
En 2009, les salariés n’avaient pas le choix. Ou ils travaillaient dans les locaux de l’entreprise ou chez eux.

Pour limiter les déplacements, le gouvernement instaura en 2010 (rien n’interdit de l’envisager) le 1 % espace libre. Les entreprises de plus de 100 salariés devaient mettre 1 % de leur surface d’occupation à la disposition des travailleurs d’autres entreprises ou verser des sommes permettant la construction d’un local de cette surface. Ces espaces furent appelés des nomadiums.

Les entreprises furent tout d’abord très réticentes à l’installation de ces espaces publics dans leurs murs. Elles justifièrent leurs craintes par les habituelles raisons de sécurité. Ces réticences tombèrent lorsqu’elles s’aperçurent que ces zones libres, favorisant les échanges et le brassage d’idées entre les collaborateurs et des personnes venues d’autres horizons,  devenaient des espaces d'intense créativité et d’innovation.

Nomadium
Alors que la France joue dans les mauvais élèves question travail à distance, d’autres pays réinventent ce type d’investissement dans l’entreprise.

Réinventer le télétravail pour réduire les transports urbains



Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont la clé pour marier croissance urbaine et développement durable. Cette conviction, les dirigeants de Cisco l’ont martelée tout au long de la deuxième « conférence globale » du programme international Connected Urban Development (CUD), les 23 et 24 septembre, à Amsterdam, face à quelques centaines d’émissaires de villes du monde entier.

Inspiré par la Clinton Global Initiative de l’ancien président américain, le géant californien de l’informatique et des réseaux a créé ce programme fin 2006 et y a investi 15 millions de dollars en recherche et en matériel. D’abord conclu avec San Francisco, Séoul et Amsterdam, le partenariat s’est étendu en 2008 à Birmingham, Lisbonne, Hambourg et Madrid. Le but : « Démontrer par des expériences pilotes que les réseaux informatiques peuvent faire baisser la consommation énergétique et les émissions de gaz carbonique des villes, tout en contribuant à leur développement économique et social », résume Nicola Villa, directeur du CUD. Un enjeu de taille, alors que les villes consomment 80 % de l’énergie mondiale et produisent 75 % des gaz à effet de serre. Dans la ligne de mire, la gestion des réseaux de transport en commun, la régulation du trafic automobile, la planification urbaine, la distribution d’électricité, l’efficacité énergétique des bâtiments...

Première manifestation concrète de ce travail aux Pays-Bas, un « Smart Work Center » (Centre du travail intelligent), immeuble de bureaux décentralisé, partagé et hyper-connecté, a été inauguré mardi à Almere, ville nouvelle de la banlieue d’Amsterdam. Ce « centre communautaire de proximité » - avec crèche et restaurant d’entreprise - réinvente le télétravail en rapprochant les bureaux des salariés. Des postes de travail sont loués aux entreprises et aux administrations, qui les partagent de manière souple entre leurs salariés, leur évitant, certains jours ou aux heures de pointe, de longs trajets vers le centre-ville.

« QUALITÉ DE VIE »

Pour Bas Boorsma, responsable du CUD à Amsterdam, « ce système est positif pour l’environnement. Il contribue à réduire l’énorme congestion automobile autour d’Amsterdam. Or une diminution de 20 % du trafic, c’est 40 % de CO2 en moins. Il est aussi intéressant pour les salariés, dont il améliore la qualité de vie, que pour les entreprises : les banques ont calculé que le poste de travail d’un salarié leur coûte 15 000 euros par an. Dans le Smart Work Center, c’est moitié moins. » Une dizaine de centres similaires sont en préparation dans l’ouest du pays, dont le réseau routier est un des plus saturés d’Europe.

Ces débats sur l’urbanisme et l’environnement sont aussi l’occasion d’une intense opération de lobbying. « Cisco espère remporter des contrats commerciaux grâce aux solutions développées par CUD », reconnaît M. Villa. Pour l’entreprise, le marché est stratégique. Ses dirigeants sont convaincus que les réseaux à haut débit vont révolutionner l’urbanisme, avec le même impact que l’électricité ou l’automobile autrefois. « Si on synthétise ce que les travaux de CUD nous enseignent, nous pourrons inventer des villes dont la forme et l’organisation seront issues des possibilités offertes par les NTIC », assure Nicola Villa. Premier terrain de jeux : la Chine, où prolifèrent les villes nouvelles et où Cisco a conclu un partenariat avec les autorités.
Source le Monde (Un article de Gregoire Allix)

Thèmes : Travailler


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